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Migration en République Démocratique du Congo: Profil national 2009

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Nombre de pages : 128
Format : Softcover
ISBN: 978-92-9068-567-8
Language de Publication: French
Année de Publication: 2010

La République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), située en Afrique centrale, s’étend sur une superficie de 2 345 000 km². Sa population est estimée à près de 68 millions d’habitants pour 2010, et cette population se concentre surtout à la périphérie du pays, un élément qui souligne l’importance d’une bonne gestion des 10 292 km de frontières et des échanges avec ses neuf pays voisins. Le pays regorge de vastes ressources naturelles, surtout minières, mais il a connu plusieurs décennies difficiles sur le plan politique et a été ravagé par des conflits au cours des dernières années, conduisant à une très forte pauvreté. Pour 2007, la RDC est au 176ème rang sur un total de 182 pays classés selon leur
Indicateur de développement humain (Rapport sur le développement humain du PNUD, 2009). D’après la même source, pour 2000-2007, la population vivant avec moins de 1,25 USD/jour était de 59,2 %. L’atteinte par la RDC des Objectifs du Millénaire pour le développement de l’ONU semble impossible, notamment au niveau de la pauvreté, de l’éducation, de l’égalité des sexes, du VIH/SIDA et du paludisme, qui atteignent des niveaux très préoccupants dans le pays.

En matière de migrations, on notera tout d’abord que la situation du pays et de ses structures étatiques rend très difficile l’obtention de données chiffrées fiables. On n’en note pas moins que l’émigration est un fait important de la vie congolaise. Quant à l’immigration vers la RDC, elle a diminué au cours des dernières années et est limitée en nombre, mais très diverse. Un élément important dans la sous-région des Grands Lacs d’Afrique centrale sont les réfugiés et les demandeurs d’asile, en raison des nombreux et violents conflits qui ont secoué la région. Selon la Division de la population des Nations Unies (DPNU, 2008), le taux net de migration (pour 1 000 personnes) en RDC était de 5,9 pour la période 1990–1995. La tendance s’est complètement retournée sur la période 1995–2000, avec un taux net de migration de -5,8. Ce taux s’est depuis lors stabilisé avec -0,9 pour la période 2000–2005, et une perspective à -0,3 pour 2005–2010.

L’immigration en RDC

Malgré des chiffres difficiles à estimer et relativement restreints, la RDC reste dans une certaine mesure un pays d’immigration. Le boom minier attire de la main-d’oeuvre étrangère, d’Afrique et au-delà. En outre, des migrants se rendent en RDC et y sont actifs notamment dans le petit commerce, même si
leurs mouvements sont peu étudiés. On note aussi un certain transit de migrants à destination de l’Afrique du Sud ou de l’Europe.

Il apparaît que la RDC attire de moins en moins les migrants internationaux. Le taux de croissance annuelle de l’immigration est négatif depuis 1995. Il a connu une forte baisse entre 1995 et 2000, avec un taux de -22,7 %. D’après les estimations de la base de données du DRC (Centre sur la migration, la globalisation et la pauvreté, Université Sussex) basées sur les recensements de la période 1995–2005, le stock de migrants en RDC était d’environ 740 000 personnes. Parmi ces immigrants, de très nombreuses nationalités sont représentées, sans qu’on ne note une prédominance d’un pays, d’une région ou même d’un continent particulier ; les immigrants proviennent par exemple de Russie, du Mexique, d’Inde ou d’Ukraine. Cela pourrait être rapporté en partie à l’intérêt pour l’exploitation des ressources minières du pays. Cependant, des études plus locales laissent entrevoir une plus forte présence d’Africains provenant des pays voisins.

D’après le Rapport sur le Développement humain 2009 du PNUD, l’évolution du nombre d’immigrants en RDC est la suivante : un peu plus d’un million en 1960, 754 000 en 1990, 480 000 en 2005, et une projection à 445 000 pour 2010. Les problèmes en matière de données chiffrées se révèlent très fortement au niveau des travailleurs migrants, où aucun chiffre valable n’a pu être trouvé ; cela pourrait
être lié à la prépondérance de l’économie informelle en RDC. Outre des activités commerciales, l’exploitation des ressources minières du pays et certains projets de construction attirent des travailleurs étrangers. Les données relatives aux étudiants étrangers inscrits dans les différents cycles de formation universitaire au cours des dernières années ne sont pas disponibles. Il en est de même, comme on pouvait s’y attendre, pour l’immigration irrégulière, mais on s’accorde à dire que ce phénomène est important. Il s’agirait notamment d’immigrants des pays limitrophes où on trouve des ethnies apparentées à celles de la RDC, bénéficiant du « transnationalisme communautaire ».

De par sa position géographique limitrophe avec neuf autres pays, la RDC est appelée à recevoir les réfugiés fuyant leurs pays respectifs en cas de conflit, notamment : Rwanda, Burundi, Ouganda, Angola, République du Congo et République centrafricaine. D’après les chiffres du HCR, on a assisté de 2001
à 2008 à une baisse générale du nombre de réfugiés en RDC, de 360 000 à 155 000. Cela est lié à une diminution des conflits dans les pays de la région. L’Angola reste, de loin, le principal pays d’origine des réfugiés en RDC, avec près de 187 000 personnes recensées en 2001, et encore plus de 111 000 en 2008. La République démocratique du Congo n’apparaît pas comme étant un pays privilégié par les demandeurs d’asile ; leur nombre est en constante diminution depuis 2003.

La baisse du nombre des demandeurs d’asile n’est pas sans lien avec l’insécurité qui est liée dans certaines régions du pays à la présence de groupes armés étrangers comme la Lord’s Resistance Army (LRA) de l’Uganda, et le FDLR
du Rwanda.

L’émigration de RDC

La situation économique, la guerre et la mauvaise gouvernance sont les principaux facteurs des tendances migratoires que connaît la RDC dans les années 2000, générant une forte mobilité interne et internationale. Les populations, tant urbaines que rurales, se déplacent à la recherche d’espaces de vie plus propices. Les grandes villes de Kinshasa et Lubumbashi sont les points d’attraction d’un exode rural massif. L’exploitation des ressources naturelles attire également la population vers certaines régions du pays ; s’y ajoutent les migrations internes forcées par la guerre.

On soulignera ici une diversification des pays de destination. Outre les destinations traditionnelles que sont la Belgique et la France, des nouvelles destinations européennes et extra-européennes se renforcent. Mais une grande partie des émigrants restent en Afrique, avec des nouveaux points d’attraction comme l’Afrique du Sud ou les pays situés entre la RDC et l’Europe. En outre, les réfugiés et les demandeurs d’asile créés par la guerre sont un facteur considérable.

Les statistiques sur cette question diffèrent selon les sources consultées. D’après les estimations du DRC de l’Université de Sussex basées sur les recensements sur la période 1995–2005, le stock d’émigrants congolais était de 821 057, à destination principalement d’autres pays africains. Concernant le stock total de Congolais à l’étranger, des chiffres entre 3 et 6 millions sont avancés ; ces fortes divergences proviennent de l’absence de données officielles qui feraient foi. Les émigrants congolais sont surtout des migrants de longue durée. D’après des chiffres du Rapport sur le Développement humain 2009 du PNUD basés sur les estimations du DRC, pour 2000–2002, en pourcentage du stock total d’émigrants, 79,7 % des émigrants de RDC résidaient en Afrique et 15,3 % en Europe.

La RDC a vécu une longue période de conflits internes, fortement liés avec d’autres Etats de la sous-région. Cette situation de belligérance a entraîné de nombreux réfugiés et déplacés internes, atteignant un sommet en 2004 avec 461 042 réfugiés congolais. En 2008, on recensait 367 995 réfugiés de ce pays dans le monde, dont 68 % en Afrique, d’après le HCR. En ce qui concerne l’asile, il apparaît que les demandes de ressortissants de la RDC étaient en recrudescence en 2008, avec 32 742 demandes, alors que ce chiffre était inférieur à 20 000 depuis 2005.

D’après le Rapport sur le Développement humain 2009 du PNUD, le stock de migrants de la RDC dans les pays de l’OCDE serait de 100 700. 25 % ont moins d’un niveau d’éducation secondaire supérieur, 32,5 % ont un niveau secondaire supérieur ou post-secondaire, et 35,5 % ont un niveau d’éducation tertiaire. D’après ces données, le taux de migration vers des pays de l’OCDE parmi les personnes de formation tertiaire en RDC serait de 9,6 %. En 2000, 14 % de la population congolaise ayant un niveau d’enseignement supérieur a émigré. Ces personnes ne représentaient cependant que 11 % de la population migrante ; la migration est donc principalement le fait de personnes ayant un niveau d’études assez bas. D’après des chiffres de l‘OCDE relayés dans le Rapport sur le développement humain 2009 du PNUD, 66,5 % des migrants de RDC dans les pays de l’OCDE étaient professionnellement actifs (parmi ceux dont le statut d’activité était connu). Le taux de chômage parmi ces migrants était de 21,8 %. D’après l’UNESCO, en 2007 on comptait 3 402 étudiants congolais effectuant leurs études à l’étranger, soit 2 % du nombre total d’étudiants congolais effectuant des études supérieures. Ce volume a diminué, puisqu’il s’élevait à 4 624 en 2000 (UNESCO, 2010).

Les chiffres officiels des Congolais identifiés comme étant en situation irrégulière à l’étranger sont rares. Des données n’ont pu être trouvées que de manière sélective pour certains pays. A l’observation empirique, il s’avère établi que la plupart des Congolais que l’on retrouve dans les pays limitrophes
africains y sont en situation irrégulière et cette situation est principalement due à la perméabilité et/ou porosité des frontières, à l’insuffisance des capacités des agents d’immigration et à l’absence d’une police des frontières formée et équipée, à la fraude et/ou falsification des documents d’immigration, à l’inefficacité de contrôles, et encore au phénomène de nationalité transnationale. En 2007, parmi
les migrants congolais irrégulièrement présents sur le territoire des 27 pays de l’Union européenne, 659 ont été appréhendés et 299 expulsés. Il n’y a aucune donnée disponible sur le flux ou le stock de migrants retournés. Actuellement, en RDC, seule l’OIM gère des programmes d’aide aux retours. D’après des informations fournies par le bureau de l’OIM à Kinshasa, le programme AVR
(Assisted Voluntary Return, assistance au retour volontaire) de l’organisation aurait soutenu environ 700 personnes entre 2004 et 2009.

Un poste de Vice-Ministère chargé des Congolais de l’étranger a été créé au sein du Gouvernement pour promouvoir la participation des émigrés au bénéfice du développement national et défendre les intérêts des Congolais de l’étranger. En sus, il a été créée au sein du Ministère des Affaires Etrangères une Direction des congolais de l’étranger dont les objectifs assignés rendent superfétatoire le maintien ou la suppression du poste de Vice-Ministre susdit, étant donné que cette haute instance administrative est plus stable. Mais, malgré tous ces efforts, des actions plus concrètes restent à entreprendre, et les chiffres de la diaspora congolaise ne sont pas connus. Certaines initiatives sont cependant mises en oeuvre pour faire bénéficier le pays des compétences de ses ressortissants à l’étranger. Par exemple, dans le cadre du programme Migration pour le développement en Afrique (MIDA), des membres de la diaspora congolaise reviennent au pays et assurent notamment des enseignements dans les institutions universitaires de la RDC.

Facteurs conduisant à la migration

Entre 1958 et 1984, la population de la RDC serait passée de 13,5 à 30,7 millions d’habitants ; en 2010, cette population est estimée à près de 68 millions. Le taux de croissance annuel tourne autour de 3 %. Cette population est inégalement répartie entre les différentes régions du pays ; environ 70 % des Congolais vivent en milieu rural. Après une croissance négative en 2000 et 2001, l’économie congolaise s’est quelque peu redressée au cours des années suivantes, et le PIB par habitant est en légère augmentation, mais reste très bas. Plusieurs plans et programmes gouvernementaux de redressement économique n’ont pas suffi à enclencher une dynamique durable ; la mise en oeuvre de tels plans est très difficile dans le contexte actuel du pays et sans une gestion saine e ttransparente des finances publiques. En outre, la crise financière internationale a porté dès fin 2008 un coup sévère à l’économie de la RDC, qui repose fortement sur le secteur minier. Le climat d’investissement du pays n’est pas bon. Le pays dépend fortement des importations, les matières premières étant les seules sources d’exportation. En outre, le secteur informel constitue une forte part de l’économie nationale : on peut affirmer que la plupart des ménages en RDC vivent grâce à ces activités. Les activités commerciales du secteur informel s’appuient également sur la mobilité internationale.

D’après de chiffres officiels de 2004-2005, le taux de chômage en RDC était à 3,7 %, mais on peut partir de l’idée que ce chiffre est en fait beaucoup plus élevé ; le gap entre le chiffre réel et celui qui est signalé provient surtout de l’absence de motivation comme par exemple une allocation de chômage qui aurait permis un enregistrement plus important des chômeurs. Le secteur informel agricole est prépondérant, suivi du secteur informel non agricole, puis des structures formelles. L’évolution de l’éducation n’est pas bonne, puisque le taux brut de scolarisation dans le primaire est passé de 92 % en 1972 à 64 % en 2002 ; on note encore une grave détérioration de la qualité de l’éducation, particulièrement en milieu rural. On peut estimer que ce sont principalement ces facteurs économiques et de développement, ainsi que le manque de perspectives au pays, qui poussent les Congolais à émigrer.

Conséquences des migrations sur la société congolaise

Il n’est pas aisé de produire des données sur le montant des fonds envoyés en RDC par les émigrants, car la littérature sur ce sujet donne principalement des analyses qualitatives, et rarement des données chiffrées. D’autre part, même les sources de données comme la Banque mondiale et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) présentent des vides en ce qui concerne les transferts des fonds de la diaspora congolaise.

Cependant, diverses sources documentaires et études soutiennent qu’en RDC, une grande proportion des ménages (jusqu’à 80 % dans les grandes villes) dépendraient de transferts de fonds, et qu’une grande partie de ces transferts s’effectuent par les circuits informels. La majorité des fonds transférés sont utilisés pour subvenir aux besoins directs des bénéficiaires ; l’investissement dans des projets de développement communautaire ou économique est plus rare. On notera encore l’importance des transferts directs de matériels, par exemple de véhicules et de différents biens qui forment la base d’activités économiques informelles. Cependant, en raison du manque et/ou insuffisance
d’études et de données fiables relatives au sujet ainsi que de l’importance du secteur informel, il est difficile d’évaluer l’impact des transferts de fonds.

Cadre politique et défis de la gestion des migrations

Depuis l’indépendance en 1960 et jusque dans les années 2000–2005, la République démocratique du Congo n’a pas clairement défini une politique migratoire. On doit reconnaître en outre que le cadre juridique en la matière est incomplet et peu clair.

Sur le plan institutionnel, le gouvernement de la RDC s’est doté de la Direction générale de migration (DGM) pour le contrôle des mouvements de la population nationale et étrangère. Le Ministère du Travail et des Affaires sociales est impliqué en ce qui concerne le travail des étrangers tandis qu’un vice-Ministère des Congolais de l’étranger a été créé au sein du Ministère des Affaires étrangères en 2006. Les principaux ministères engagés dans la problématiquedes migrations sont le Ministère de l’Intérieur, avec la Direction de la Police des frontières et la Commission nationale pour les réfugiés ; la DGM ; et le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, avec le vice-Ministère des Congolais de l’étranger. D’autres ministères ont des responsabilités en certains points ayant trait aux migrations. Le gouvernement de la RDC collabore également avec diverse structures internationales et d’autres gouvernements dans la gestion de la question migratoire. La coordination politique constitue le défi le plus urgent à relever en RDC dans le domaine de la migration. La migration est mentionnée et intégrée dans le Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP) en tant que stratégie de mobilisation des ressources et des compétences dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Ce même document prévoit la mise en place d’un Programme national de migrations pour le développement.

La RDC est membre de plusieurs organisations de coopération régionale et sous-régionale notamment la SADC, CEPGL, la CEEAC promouvant notamment la libre circulation des personnes au sein de certains espaces. Mais la plupart de ces initiatives ne donnent pas beaucoup de résultats concrets à ce jour. La RDC a également signé avec plusieurs Etats des accords de coopération en matière migratoire ; il s’agit d’Etats européens, notamment la Suisse et la Belgique, en matière de collaboration pour l’identification des migrants et le renforcement des capacités des institutions concernées. Avec des pays africains, des accords ou régimes spéciaux sont en place pour promouvoir la circulation réciproque sans visas, du moins dans certaines zones.

Lacunes statistiques

Le manque de données chiffrées et fiables, constaté par le GTTN dès le début du processus de travail conduisant au présent Profil, a été un problème majeur dans son établissement ; obtenir de meilleures informations sera un défi à relever pour la mise à jour et l’actualisation future du Profil. La DGM élabore annuellement des rapports sur ses activités ; en principe, c’est dans ces rapports  que sont enregistrées les entrées et les sorties aussi bien des Congolais que des étrangers en RDC. Cependant, ces rapports n’ont jusqu‘à présent pas été accessibles. Des données devraient également être disponibles dans le cadre du Ministère de l’Intérieur concernant les immigrants en RDC, mais les archives de l’administration publique ne sont pas actualisées. C’est pourquoi ce rapport utilise surtout les données statistiques de la Banque mondiale et de l’ONU, mais en raison du manque d’information au niveau national, même celles-ci présentent des lacunes dans des points cruciaux concernant les migrations.

L’effectif total d’étrangers en situation irrégulière est extrêmement difficile à établir. Ces difficultés résultent du délitement des services et du manque de moyens de l’administration publique. Depuis 2007-2008, la DGM dispose des outils et des équipements modernes de gestion informatisée et d’enregistrement des mouvements d’entrée et sortie à certains postes frontaliers, qui sont ainsi directement reliés au serveur central situé à la Direction nationale. Ceci renforce les capacités de ces services à surveiller les entrées et les sorties. Cependant, les données sur les stocks des immigrants en situation irrégulière procèdent d’un travail de contrôle d’administration et de police sur les populations résidant à l’intérieur. Un tel contrôle est normalement effectué par les services de la DGM. Du fait de la guerre que le pays a connu après 1998, des dysfonctionnements ont empêché sa mise en oeuvre régulière. Sachant que même les nationaux de la RDC n’ont pas tous des pièces d’identité, on comprendra que le contrôle des étrangers est encore plus difficile.

Number of Pages : 128
Format : Electronic copy

Reference Number: 978-92-9068-567-8
Language of Publication: French
Year of Publication: 2010